No One Is Innocent, j’ai mal à ma liberté (au lendemain des attaques terroristes du 13 novembre à Paris)

No One Is Innocent, j’ai mal à ma liberté (au lendemain des attaques terroristes du 13 novembre à Paris)

Un peu plus de 48 heures après les multiples attaques terroristes du 13 novembre 2015 qui ont fait près de 130 morts à Paris, ma ville de cœur, ville de mes grand-parents, l’heure est à la réflexion… A mon tour, je témoigne toute ma peine, ma souffrance et mon soutien aux proches des victimes des attentats. Parisien de cœur, j’ai moi aussi craint pour mes proches, ma famille ce vendredi 13 novembre. Heureusement pour nous, nos proches étaient sains et saufs.

Ces attentats, dirigés contre des civils innocents, étaient également dirigés vers nos libertés individuelles et collectives. Nos libertés de penser, de nous déplacer, de nous rassembler… ou encore d’écouter la musique qu’on veut, ont été largement heurtées… mais pas pour longtemps. La ville de Paris, et par extension, toutes les villes du monde, ont rapidement d’avantage exercé ces libertés en se réunissant, parfois sur les (ou près des) lieux visés vendredi dernier.

Aussi, le 5 décembre prochain devra avoir lieu à Lille, le concert du groupe français No One Is Innocent.

Pour ceux qui ne les connaissent pas, No One Is Innocent est un groupe de hard-rock français engagé pour les libertés et contre les oppressions. Du moins, c’est ma définition. Leur titre qui a révélé le groupe en 1994, « la peau », passe un message très clair: « du Grand Canyon au Yémen… la couleur de la peau est la même! ». Selon Kémar Gulbenkian, chanteur fondateur du groupe: « ce morceau a toujours été pour nous, une réponse modeste à tous ces xénophobes et racistes qui polluent ce putain de pays »:

Mais No One Is Innocent ne s’arrête pas là: en juin 2015, ils sortaient l’album « Propaganda » qui vise les haineux. En bref: d’une part les extrémistes et terroristes qui, aveuglés par leur ignorance, tuent. D’autre part, les partis d’extrême droite qui cultivent une haine envers autrui. Je vous laisse volontiers découvrir l’album téléchargeable sur iTunes ou YouTube:

« Charlie »

« Djihad Propaganda »

« Putain si ça revient »

J’avais prévu de faire la route depuis Bruxelles pour voir ce groupe en live car il réussit à mettre des mots justes sur les situations injustes et intolérables que nous vivons.  Entant que guitariste rock-metal, je suis fier de leur travail et de ce qu’ils ont apporté à la scène musicale internationale. C’était donc tout évident que je veuille les voir en live: vivre un moment réel tout en ressentant cette musique et cette ambiance était un désir tout à fait normal.

Puis se sont produits les événements du 13 novembre… Ils m’ont fait réfléchir tout le week-end (et aujourd’hui encore… très certainement demain aussi…), et je me suis dit que l’obscurantisme et le terrorisme ne pouvaient pas entraver mes libertés et mon bonheur. J’avais envie d’y aller… et j’ai toujours envie d’y aller. Mais les événements m’ont tellement refroidi… surtout que No One Is Innocent n’y va pas avec le dos de la cuillère envers les djihadistes et consort…

Après, je me dis, que si la France a déclaré l’état d’urgence, la sécurité serait tout de même terriblement relevée… donc il ne devrait pas y avoir trop de risques… Mais on ne sait jamais! Je me dis qu’il ne faut pas « tenter le diable » car probablement que les terroristes aimeraient faire taire et nuire à No One Is Innocent et son public. Oui, mais alors, entre le 13 novembre et le 5 décembre, il y aura eu 10 concerts, soit 10 dates auxquelles il pourrait se produire quelque chose… dont le 30 novembre à Paris.

Bref, la doute me gagne… ou plutôt « m’a gagné ». Et ici, quand la crainte et le doute se sont installés… c’est la peur qui a gagné. Après avoir longuement pesé le pour et le contre, je me vois contraint de décider d’annuler ma soirée du 5 décembre prochain. Symboliquement, j’écouterai l’album Propaganda à la maison, seul ou accompagné.

Putain, qu’est ce que j’ai mal à ma liberté!

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